Biophilie : quand aimer commence par le vivant
Quand nous parlons d’amour, nous pensons généralement à une personne.
À notre partenaire, à nos enfants, à notre famille ou à nos amis.
Pourtant, notre capacité à nous attacher ne s’arrête pas aux relations humaines. Nous pouvons aimer un animal, être attachés à un paysage ou ressentir un lien particulier avec la nature.
Nous pouvons aussi prendre soin d’un jardin, être touchés par la disparition d’une espèce ou nous inquiéter pour l’avenir de la planète.
La Biophilie désigne cette relation particulière à la vie et au vivant.
Elle évoque notre attachement à la vie, à la nature, aux animaux, aux végétaux et au monde vivant qui nous entoure.
Pourquoi commencer notre série par la Biophilie ?
Dans l’article qui introduit cette série sur les différentes façons d’aimer, je vous expliquais que nous allions partir du plus universel pour aller progressivement vers le plus intime.
Et pourtant, dès ce premier article, nous sortons légèrement du cadre annoncé.
La Biophilie ne fait pas partie d’une classification des formes d’amour établie par les philosophes de la Grèce antique.
C’est une précision importante.
Les listes des « amours grecs » que nous trouvons aujourd’hui mélangent souvent des mots issus du grec ancien, des concepts philosophiques et des classifications modernes.
Il n’existe donc pas une liste antique officielle de sept, huit ou dix façons d’aimer.
Dans cette série, je préfère préciser l’origine de chaque notion plutôt que de créer artificiellement une classification qui n’a jamais existé sous cette forme.
La Biophilie en est un très bon exemple.
Biophilie : quelle est l’origine du mot ?
Le mot biophilie repose sur deux racines grecques :
- bios : la vie ;
- philia : l’amitié, l’affection ou l’attachement.
Le mot porte donc l’idée d’un attachement à la vie et à ce qui est vivant.
Cependant, le concept de Biophilie tel que nous l’utilisons aujourd’hui est moderne.
Au XXe siècle, le psychanalyste et philosophe Erich Fromm emploie ce terme pour parler d’une orientation tournée vers la vie et ce qui est vivant.
Le biologiste américain Edward O. Wilson contribue ensuite largement à sa diffusion. En 1984, il publie notamment un ouvrage intitulé Biophilia.
Edward O. Wilson développe l’idée que l’être humain possède une tendance à s’intéresser à la vie et aux processus du vivant.
La Biophilie n’est donc pas une supposée « forme d’amour grecque » oubliée au fil des siècles.
Ses racines sont grecques. Le concept que nous utilisons aujourd’hui est moderne.
Pourquoi ai-je choisi le terme Biophilie ?
Dans certains enseignements que j’ai reçus en sexologie et au cours de mon DU Couples & Sexualités, cette dimension de l’amour m’a été présentée sous une autre terminologie avec le terme « philotique ».
Pour cette série, j’ai choisi d’utiliser le terme Biophilie.
Ce choix ne remet pas en question les enseignements reçus. Il s’agit simplement d’un choix éditorial plus en harmonie avec ma philosophie.
Le mot Biophilie me paraît plus clair pour parler de notre relation affective à la vie et au monde vivant.
Cette série cherche aussi à comprendre l’origine des mots et il me semblait donc important de vous expliquer ce choix.
Comment la Biophilie se manifeste-t-elle ?
La Biophilie peut prendre de nombreuses formes.
Elle peut apparaître dans notre relation à la nature. Certaines personnes ressentent ainsi un attachement particulier à une forêt, à la mer, à la montagne ou à la terre.
Elle peut également s’exprimer dans notre relation aux animaux.
Un animal peut occuper une place affective considérable. Il partage notre quotidien, nos habitudes et parfois de nombreuses années de notre existence.
Sa disparition peut alors provoquer un véritable processus de deuil.
Dire à une personne « ce n’était qu’un animal » revient parfois à ignorer la force du lien affectif qui existait.
La Biophilie dépasse donc le simple fait « d’aimer la nature ».
Elle évoque notre capacité à créer un lien affectif avec la vie sous différentes formes.
Biophilie, écologie et protection des animaux
Notre attachement au vivant peut aussi influencer notre regard sur son avenir.
Le changement climatique, la pollution, la disparition d’espèces ou la destruction d’habitats naturels peuvent susciter de fortes préoccupations.
Il en va de même pour la souffrance animale.
Pour certaines personnes, ces sujets ne représentent pas seulement des questions environnementales. Ils touchent directement à ce qui compte pour elles.
Cette sensibilité peut également participer à certains choix de vie :
Le végétarisme ou le véganisme peuvent, par exemple, répondre à plusieurs motivations. La santé, l’environnement ou les convictions personnelles peuvent intervenir.
Les considérations éthiques liées aux animaux constituent également une motivation fréquente.
Chez certaines personnes, cette préoccupation peut aller plus loin. L’avenir de la planète et du vivant devient alors une véritable source d’anxiété.
Biophilie et éco-anxiété
Le terme éco-anxiété décrit l’inquiétude ou la détresse liée aux changements climatiques et environnementaux.
Elle peut concerner l’avenir de la planète, la disparition d’espèces ou les conséquences du changement climatique.
Elle peut aussi faire naître des interrogations sur le monde que connaîtront les générations futures.
L’éco-anxiété n’est pas, en elle-même, un diagnostic psychiatrique.
Une personne peut donc être très préoccupée par l’environnement sans souffrir d’un trouble anxieux.
Chez certaines personnes, toutefois, cette inquiétude devient envahissante. Elle peut alors favoriser les ruminations, l’angoisse ou un sentiment d’impuissance.
L’hypnose peut-elle aider face à cette anxiété ?
Lorsque ces préoccupations provoquent une anxiété importante, un accompagnement thérapeutique peut être envisagé.
L’hypnose fait partie des outils utilisés dans l’accompagnement de l’anxiété.
Elle peut notamment aider à travailler sur certaines réactions émotionnelles, les ruminations et les manifestations anxieuses.
Les recherches consacrées à l’hypnose et à l’anxiété montrent des résultats encourageants, notamment lorsqu’elle complète d’autres approches psychologiques.
L’objectif n’est pas de déterminer si une personne a raison ou tort de s’inquiéter pour l’environnement car par définition, l’accompagnement est toujours sans jugement.
L’accompagnement porte sur l’anxiété et ses conséquences lorsqu’elles deviennent difficiles à vivre au quotidien.
Pourquoi la Biophilie est-elle la première façon d’aimer de notre parcours ?
J’ai choisi de parcourir les différentes façons d’aimer du plus universel au plus intime.
La Biophilie constitue donc notre point de départ.
Elle évoque notre attachement à la vie, à la nature, aux animaux, aux végétaux et au monde vivant qui nous entoure.
La Biophilie nous permet ainsi de commencer notre exploration de l’Amour à l’échelle la plus large : l’attachement à la vie sous toutes ses formes.
Dans les prochains articles, nous allons progressivement nous rapprocher des relations humaines, puis de l’attachement, du couple, du désir et de l’intime.
Notre prochaine étape sera donc :
Philophrôsune.
À suivre…
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Cédric Holié
Maître praticien en hypnose
Thérapie de couple · Sexothérapie · Hypnose à Cahors
Mon cerveau me prend la tête
