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Si tout les pervers narcissiques sont des manipulateurs, tous les manipulateurs ne sont pas des pervers narcissiques .

Paul-Claude RACAMIER, psychiatre et psychanalyste, a été le premier à avoir décrit la perversion narcissique en 1987.

Le pervers narcissique est un « état limite » , au sens psychiatrique du terme, dans lequel il court le danger de basculer dans un état de folie psychotique qui peut mener à une déstructuration, un morcellement psychique. Il va utiliser l’autre pour ne pas sombrer dans sa propre folie.

S’il fallait trouver un personnage de fiction pour mieux comprendre et pour vulgariser l’étude du pervers narcissique ; ce serait le vampire.

Le vampire est un personnage extrêmement sympathique, intelligent, grand séducteur, souvent brillant et faussement altruiste. Il sait se rendre indispensable. Ce bel orateur sait donner le change, flatter, valoriser et créer un lien de proximité avec son auditoire. C’est une sorte de musique macabre, proche d’une transe hypnotique qu’il induit chez ses convives ou membres d’un groupe.

L’art du manipulateur pervers trouve son paroxysme dans ses diatribes verbales, ses injonctions paradoxales, avec des sous entendus suffisamment flous au point qu’il ne laisse aucune chance à ceux qui l’écoutent et qui se retrouvent ainsi happés sous son influence, tout en pensant rester lucides. Pour cela, il détecte les humeurs de l’autre, s’y adapte tel un caméléon, ressent la bonne attitude à adopter grâce à son sens aigu de l’analyse lié à son instinct de prédateur.

Dès l’instant où il arrive au sein d’une assemblée, il profite d’être admiré pour choisir sa victime, sa cible. Celle-ci sera sans doute dans une période de sa vie où elle est déstabilisée par une situation difficile et passagère. Calculateur et fin stratège et sous couvert, au départ, d’une approche empathique, il sait créer des « dossiers » sur la victime afin de pouvoir les utiliser en cas de besoin. Maître Sophiste, il sait partir d’un extrait de réalité pour en construire sa version qui le rendra légitime aux yeux de tous.

Sa notion de l’honneur est particulièrement primaire. Un traître pour qui tous les coups sont permis jusqu’à la disparition de sa victime. Celle-ci se retrouve rapidement isolée de son environnement. Le pervers saura alors vampiriser l’entourage de la victime en donnant le change par des gestes d’apparente « bonté d’âme », par une sociabilisation apparente et par son charme envoûtant. Il crée des mises en scènes qu’il retournera ensuite contre la victime.

Comme un vampire a besoin de prendre le sang de l’autre pour exister lui même, un pervers narcissique a besoin de la dépersonnalisation de l’autre pour exister, son Moi étant faible (je rappelle que le Moi est l’identité personnelle, son ancrage ).

Vampiriser sa cible permet de récupérer l’énergie vitale de l’autre. Les vampires ont besoin de l’énergie ou des affects, pas spécialement positifs comme la joie ou le plaisir mais le négatif leur convient également très bien. De plus, l’énergie négative est bien plus forte et plus facile à déclencher chez sa victime.

Le vampire récupère cette énergie en plantant ses incisives au niveau du cou de sa victime. Le cou étant le lien entre la tête pensante et les émotions du cœur.

Le pervers narcissique sait contrôler les pensées, les ressentis de sa victime et de son entourage. Il joue habilement avec les émotions. Celles de la cible, celles de l’entourage, mais aussi avec ses propres émotions. Il génère ainsi de la compassion avec cette sensibilité créée.

Une fois que le vampire a mordu sa cible, il transforme la victime. C’est lui qui insuffle la vie et c’est lui qui l’enlève. Le coupable devient victime et la victime devient responsable. Le pervers narcissique utilise la séduction et la manipulation pour attribuer la faute à la victime.

Il sait l’isoler, la couper de ses liens avec son entourage, diviser pour mieux régner. Il est aidé par notre société, où l’on pratique couramment la langue de bois. Soit par choix, soit parce que la société préfère se laisser bercer par le doux chant sucré du manipulateur, que de se remettre en question et assumer sa passivité.

Le vampire déteste le jour qui le rend vulnérable, tout autant que le pervers narcissique déteste la mise en lumière de son comportement et ainsi d’être percé à jour. Il préfère agir de manière insidieuse, se cachant derrière l’ombre de son sourire faussement bienveillant et de son empathie de circonstance. Aussi, il réagit épidermiquement à une mise au jour de son comportement. Quand l’un se transforme en chauve- souris, l’autre prend le rôle de victime. A cette image, il saura mettre en lumière un objectif masquant sa réelle finalité égocentrée, allumer un contre feu.

A l’image du titre de noblesse de Dracula, le pervers narcissique peut posséder souvent une position sociale importante, ou utiliser ses dons pour suffisamment briller, masquer son imposture sous des paillettes de surface et ainsi rassurer la victime potentielle qui aura l’impression d’être valorisée par cette rencontre, pourtant potentiellement mortelle.

Cette image dans la société contraste avec celle renvoyée par le miroir : le miroir reflète le vide de son Moi. Sans sa victime, le pervers narcissique reste insignifiant. Cela l’oblige donc à passer à une autre victime, une fois sa précédente victime vidée et donc devenue inutile.

Ce narcisse 2.0 est attentif à sa cote de popularité sur les réseaux sociaux, comme dans la société. Il est obnubilé par l’image qu’il renvoie. Il a toujours des fans, une cour …

Il est atteint par une paranoïa, une hyper vigilance pour veiller à préserver l’image qu’il a de lui observée dans le regard des autres. Il met à profit sa mégalomanie et sa mythomanie, qui sont des caractéristiques prédominantes, pour élaborer et contrôler son reflet exogène.

Cette image artificielle est antagoniste avec celle du miroir vide. Il ne sait pas utiliser le miroir pour travailler sur son équilibre intérieur. Le pervers narcissique est incapable de se remettre en question pour la bonne et simple raison qu’il n’a aucun problème, puisqu’il ne se voit pas ! Il n’ira donc pas consulter un thérapeute, sauf si ce n’est pour s’y mesurer.

Le point faible du vampire est son cœur. Pour empêcher un vampire de nuire il faut lui planter un pieu dans le cœur. Cette difficulté de mise en œuvre est comparable à celle de demander à un pervers narcissique de combler son vide intérieur, de travailler sur lui, lui qui s’est toujours échappé, loin de ses fragilités, loin de ses vices.

Il est donc dangereux de souhaiter détruire un pervers narcissique. Pour se détacher de ce vampire, la victime a besoin de soutien, de faire un travail profond sur son ancrage, sur sa confiance en elle, en ses capacités et sur son ego.

La meilleure méthode pour vaincre un pervers narcissique est donc de s’en écarter, de le quitter et si possible dès le départ, de l’éviter !!!

 

Références :

Paul-Claude Racamier : psychiatre et psychanalyste

Erick Dietrich : docteur en médecine et écrivain

Alain Héril : psychanalyste et écrivain

Geneviève Schmit: spécialiste de l’aide aux victimes de violence psychologique

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